L'ÉDITORIAL DE JACQUES LAVERGNE (Cliquez)

L'Éditorial du 23 juin 2026

« Quo vadis France ?

»

Notre pays est-il encore véritablement gouverné ? Un président de la république, toujours aussi hors sol et privé de la plupart des pouvoirs qu’il s’était octroyés, essaye d’exister en tentant de faire illusion sur la scène internationale. Un premier ministre en sursis car sans majorité expédie maladroitement les affaires courantes plus qu’il ne gouverne, entouré par des ministres dont la plupart sont des inconnus sans envergure et sans idées. Certains qui se sont fait un nom à l’intérieur ou à la justice démontrent leur triste incapacité à assumer leurs responsabilités et leur bilan.

Et surtout à dire la vérité : ils ont échoué et en font porter courageusement la responsabilité à des fonctionnaires lampistes. Rien que des hommes d’État on vous dit ! Pas étonnant que notre pays soit devenu inaudible tant en Europe qu’à l’international. Faillite complète de dix ans de macronisme, ce qui ne serait pas grave si ce n’était que cela se traduit par celle de la France dans de nombreux domaines. Et, gravissime, par la fragilisation de la Démocratie.

Et bien sûr tout ce petit monde politique, de droite comme de gauche, un petit monde d’où n’émerge aucune figure ni marquante ni crédible, n’est préoccupé que par une seule chose : l’élection du Président de la République. Habituel et désastreux court termisme comme l’est leur cécité face aux grands problèmes auxquels nous sommes confrontés : mutation climatique totalement impréparée, pollution multiforme, écroulement préoccupant de la biodiversité, finances en ruine, justice sociale et fiscale aux oubliettes, services publics (notre patrimoine commun) à l’os, un pays de consommateurs ne produisant quasiment plus rien, une dépendance sur des besoins essentiels au bon vouloir d’autres pays (notamment en matière numérique, suivez mon regard), une agriculture à réformer de fond en comble gérée par un syndicat d’agro-industriel uniquement préoccupé par les seuls intérêts financiers de certains de ses membres, une culture bafouée et marginalisée. Et j’en passe.

Aucune anticipation, aucune préparation, aucune perspective : on court après les problèmes, on écope vaguement de-ci de-là pour faire croire que l’on dirige. Agitation, posture, communication creuse, fake news, un sujet balaye l’autre dans un étourdissant et médiocre ballet : ou comment créer l’illusion de l’action ! Et ceux qui ne sont pas au pouvoir, pour ne pas être en reste, font assaut de propositions aussi populistes que surréalistes. En plus d’être resté au siècle dernier, notre personnel politique apparait comme totalement dépassé par une situation nationale et internationale (l’un ne va pas sans l’autre) complexe et inquiétante, nécessitant pour l’appréhender de solides compétences polymorphes.

La triste vérité oblige à dire que, selon toutes évidences, peu les possèdent : quo vadis France ?

Jacques LAVERGNE


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