L'ÉDITORIAL DE JACQUES LAVERGNE (Cliquez)


21 février 2026

L'Éditorial du 21 février 2026

« Le cadmium et la dangereuse irresponsabilité politique »

Les médecins libéraux, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), quelques autres aussi, se sont mobilisés afin de « sonner le tocsin », d’alerter politiques et opinion publique sur le danger majeur représenté pour la santé des Français par la teneur en cadmium de certains aliments, malheureusement les plus consommés. Des organes de presse, et pour ne citer qu’eux, le Monde (article du 18/02/26 sous la signature de Stéphane Mandard) ou le Canard Enchainé (édition du 18/02/26, Yann Voldoire) ont relayé ces pressantes inquiétudes.

Qu’est-ce que le cadmium ? Un métal très toxique présent dans les engrais phosphatés (majoritairement pour la France en provenance du Maroc) destinés à fertiliser les terres agricoles. Où le trouve-t-on ? « Dans le pain, les produits à base de blé comme les pâtes, les viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits, les pommes de terre et les légumes » ANSES. Autrement dit dans bon nombre de produits constituant la base de notre alimentation. Or, le cadmium est classé cancérogène depuis 1993, et qualifié par les médecins de « bombe sanitaire » dont ils pointent « l’explosion de la contamination ».

Quels effets dangereux produit-il sur notre santé ? Considéré comme mutagène et toxique pour la reproduction, le cadmium est notamment « suspecté de jouer un rôle dans l’accroissement majeur et extrêmement préoccupant de l’incidence du cancer du pancréas », selon l’agence gouvernementale Santé publique France. Les enfants en sont les premières victimes avec une sur-incidence des cancers pédiatriques. Un tiers des moins de trois ans dépassent la dose journalière tolérable. Inacceptable.

Depuis 2021, les agences gouvernementales et le corps médical préconisent de baisser la teneur en cadmium autorisée à 20 mg/kg afin de limiter son accumulation dans les sols et les végétaux. Cette teneur est actuellement en France de 90 mg/kg, soit plus du double de la norme en vigueur dans l’Union Européenne ! Que fait le gouvernement, par ailleurs parfaitement informé de cette situation ? Rien ! Ah si quand même : des promesses sur une éventuelle régulation. Bien évidemment jamais suivies d’effets…

Il est donc urgent de décontaminer les engrais, ce qui aurait un surcoût de 2 à 3 € par hectare de blé soit un peu moins de 0,2 % de la culture du blé. A cet effet un député de la Charente Maritime, Benoît Biteau, également agriculteur, a déposé un projet de loi tendant à interdire les engrais phosphatés dès le 1er janvier 2027. Une proposition qui, avant même d’être présentée en séance publique, se heurta à un tir de barrage orchestré bien sûr par l’omni présente FNSEA, relayée par la droite, les macronistes et le RN. Le groupe Liot (indépendants) a même eu l’indécence de présenter un amendement repoussant l’interdiction au 1er janvier… 3027 !!!

On voit par-là l’immense mépris pour leurs concitoyens de bon nombre de nos politiques et des tenants de l’agriculture intensive. Ainsi que le peu de cas fait par eux de notre sécurité alimentaire, de notre santé, de notre avenir. Dame, c’est tellement plus gratifiant pour les uns de faire de l’argent (même au prix de la destruction de l’environnement, donc de notre espace vital) et pour les autres de poursuivre leurs jeux politiciens stériles bien au chaud derrière leur confortable statut dont nous assumons tous la charge…

Jacques Lavergne / Esprit Occitanie / 21 février 2026


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